La lave sur la route du lac assal
09/05/2012 14:51 par liliaurelie
Le mystère Cousteau :
Le 26 juin 1995, l'affaire éclata: un scientifique rapporta brièvement une histoire relatée par l'un de ses collègues militaires stationnés à Djibouti: il s'agirait d'une découverte effectuée par le Commandant COUSTEAU dans une fosse marine au large de Djibouti; selon l'explorateur, elle n'aurait pas été révélée car elle aurait entraînée des conséquences trop importantes sur les connaissances actuelles.
L'expérience aurait consisté à immerger une carcasse de chameau dans une cage destinée à l'observation des requins et la cage en serait ressortie broyée comme par quelque créature formidable. Le correspondant n'était pas en mesure d'en dire plus sur le sujet mais signalons que cette rumeur est très répandue en République de Djibouti.
L'année suivante, un autre militaire souligna le témoignage de l'un de ses supérieurs, lors de son Service National au cours d'une mission à Djibouti. Selon ce dernier, l'équipe aurait plongé une carcasse et suite au retour de la cage broyée, le Commandant aurait plongé et vu quelque chose : il aurait déclaré que ce qu'il avait vu était trop important pour le dévoiler à l'humanité.
Pour accéder au Lac Assal, il faut traverser toute une région volcanique qui évoque immanquablement l'enfer de Dante. Les qualificatifs "infernal" et "apocalyptique" sont de rigueur pour décrire ce site chaotique qui attirent les géologues et les vulcanologues du monde entier depuis vingt ans. Du fait d'une érosion minime, cette région est en effet géologiquement exceptionnelle En outre, il s'y produit des phénomènes uniques à ciel couvert, liés à la dérive des continents, qui ont provoqué notamment l'apparition de l'Ardoukoba, en novembre 1978.
Né d'une fracture causée par une intense activité sismique, ce petit volcan n'aura vécu que l'espace d'une semaine. Mais sa signification est essentielle : c'est la preuve concrète de l'écartement incessant des continents ( 2 centimètres par an en moyenne entre l'Arabie et l'Afrique, 1,20 mètre brusquement lorsqu'est apparu l'Ardoukoba). C'est aussi la preuve, selon les scientifiques, que toute cette zone appartient à un futur océan, l'océan "érythréen", qui sera dans quelques années, aussi important que l'Atlantique.
L'Ardoukoba est le dernier né des volcans de la planète.
L’écorce terrestre la plus mince au monde, sous nos pieds à 5 kms, le magma !
… et l’on marche sur la "faille"
Écartement d'environ 2 cm par an !
C’est là que la fissure qui écarte depuis trente millions d’années l’Arabie de l’Afrique pénètre dans le continent. Un volcanisme très jeune ponctue le fond de cette dépression de cratères noirs et rouille. Il est à l’origine du chaos impressionnant et infranchissable de dalles, de tunnels effondrés, de chenaux, d’éboulis, de champs de scories formés par d’innombrables coulées de lave déchirées, balafrées de fissures béantes. Ici, le 8/11/ 1978, après plus de huit cents séismes annonciateurs, d’énormes fractures se sont ouvertes, dilatant d’un coup tout le rift d’un mètre cinquante et provoquant un affaissement de son plancher de près d’un mètre ! L’une des fractures s’enfonça assez profondément pour accéder à une poche de magma stockée à quelques centaines de mètres sous terre. La lave jaillit pour créer un nouveau volcan, l’Ardoukoba, crachant des fontaines de lave à 1100 ° C et vomissant moult coulées, à la stupéfaction et la grande joie des volcanologues accourus.
Le 14 novembre, une semaine après sa naissance, il mourait exténué. Il avait émis quinze millions de mètres cubes de basalte et construit un cône de quarante mètres de hauteur.
Pour la première fois, les volcanologues observaient l’ouverture d’un continent.
Dans ce paysage du début du monde, naîtra bientôt un océan tout neuf qui aura peut-être, dans quelques deux cents millions d’années, la largeur … de l’Océan Atlantique.
Ancien cratère sous-marin au sommet duquel on a trouvé des huîtres fossiles.
Magnifique pièce d'eau bleu sombre aux allures lacustres, le Goubet-Al-Kharab est l'extrême pointe du Golfe de Tadjourah, qui vient mourir non loin du Lac Assal et de la zone volvanique de l'Ardoukoba dans un impressionant décor de montagnes arides.
Accessible par la piste qui le domine ou en bateau, le Goubet a toujours pâti d'une réputation maléfique.Il est difficile, encore de nos jours, de convaincre un pêcheur djiboutien d'y pénétrer avec son embarcation.
La légende veut en effet qu'en des temps reculés il y ait eu en cet emplacement, que l'on appelle maintenant "le gouffre des démons", une"grande montagne couronnée de feu" qui aurait disparu sous l'invasion des eaux dans une confusion indescriptible. Depuis, les abîmes du Goubet seraient fréquentées par des démons qui tireraient vers les profondeurs tous les audacieux osant s'aventurer sur ces eaux.
En fait, si personne ne s'est fait "tirer par les pieds" vers les profondeurs du Goubet, personne ne rejette plus la possibilité qu'il existe des spécimens de la faune sous-marine d'une taille particulièremant imposante ( raies mantas, requins...).
Le site, il faut l'avouer, a de quoi frapper l'imagination et impressioner les âmes sensibles et les esprits simples : vingt kilomètres de long, dix de large, la baie est entièrement cernée de montagnes abruptes qui dévalent directement dans les eaux, d'une hauteur de 600 mètres à une profondeur de 200 mètres.
Le lac Assal, situé à 155 m sous le niveau de la mer, enserré dans une cuvette sauvage que dominent des montagnes austères, est le point le plus bas du continent africain. Les températures y dépassent les 50 °C et l'eau concentre 350 g de sel par litre, soit 10 fois plus que l'eau des océans. Le site est d'une rare beauté. Scintillant sous le soleil de midi, les rives du lac, recouvertes de sel et creusées de motifs fantastiques par des siècles d'érosion, suscitent des mirages étranges et de violents éclats de lumière. L'eau affiche des bleus marine et turquoise, griffés d'émeraude et de jaune, où émergent de-ci de-là des icebergs et des atolls de sel d'une blancheur immaculée. Tout autour du lac, le sol est tapissé de milliards de cristaux fabuleux, de rosaces de gypse couleur miel. C'est le plus grand dépôt de sel de la planète, dont les caravanes des nomades afars font commerce avec l'Ethiopie. Le lac n'était autrefois accessible qu'en dromadaire. Une piste a été désormais aménagée, qui permet aux camions d'exploiter le filon, mais risque à terme de conduire à son épuisement.